Augustin Scalbert, journaliste du site Rue 89, est mis en examen dans
l’affaire de la bande vidéo « off » de Nicolas Sarkozy sur France 3.
Augustin
Scalbert est aussi l’un des membres du mouvement Liberté
d’Informer.
Il nous semble que le renvoi en justice d’Augustin Scalbert marque un
pas supplémentaire vers l’intimidation permanente des journalistes
impertinents.
Et on ne peut s’empêcher de faire une comparaison audacieuse
(quoi que, pas tant que ça...) avec l’Italie de Berlusconi. Là bas, le Sénat va
passer prochainement une loi qui criminaliserait la publication des écoutes
judiciaires dans les journaux.
Pourquoi ?
Peut être parce qu’il existe une écoute très embarrassante
de Berlusconi où il téléphone à un responsable de chaine, menace, et lui
demande la tête d’un journaliste qu’il n’aime pas.
Ainsi va le pouvoir quand il n’est pas sérieusement
équilibré par des dispositifs démocratiques. Et pouvoir sortir des bornes étroites de la « communication » en est un.
Nicolas Sarkozy avait promis d’inscrire le pays dans une plus grande
modernité, une « rupture », la « réforme »... Or, en
matière d’information indépendante, la France est en train de subir recul après
recul. Elle s’éloigne de la sphère des démocraties du Nord qui protègent les
contre-pouvoirs citoyens.
Pour nous la mise en examen d’Augustin Scalbert n’est qu’un épisode
de plus dans le feuilleton. Désormais ce ne sont plus seulement des documents qui sont
classés secret défense mais des lieux de la république qui deviennent
inaccessibles à la justice (et a fortiori aux citoyens).
En matière d’information journalistique, la nomination par
la présidence de la République des patrons de l’audiovisuel public remettent en
cause l’indépendance éditoriale d’un service qui devrait être foncièrement au
service du public. Car rappelons le, le seul « actionnaire » réel du
service public, c’est le public qui paye de sa poche pour une information qui
ne soit pas suspecte de propagande.
Enfin, il faut rappeler la dimension orwellienne de
l’histoire.
Car après tout, c’est sous Nicolas Sarkozy que le parlement a voté (à son
initiative) une loi sur la protection du secret des sources. Or Augustin a
invoqué la protection de ses sources pour ne pas dénoncer qui lui avait
transmis le document vidéo. Augustin a du tomber dans les exceptions prévues
par une loi soi disant visant à élargir nos libertés, car le voilà mis en
examen pour recel, risquant trois ans de prison et plusieurs centaines de
milliers d’euros d’amende.
Tout ça pour une petite coulisse sans gravité.
Rappelons le, Liberté d’Informer milite pour
un accès plus libre des citoyens aux documents administratifs, une
déclassification plus large des documents rendus « secret défense »
par abus de pouvoir. On l’ignore bien souvent mais aux Etats Unis, par exemple,
on peut exiger des documents sensibles à la CIA ou au FBI. Le refus de
transmission doit être sérieusement motivé.
L’ONG européenne, « Access Info » a réalisé une
étude sur divers pays en ce qui concerne l’accès à l’information. Nous sommes
au niveau de la Turquie.
En France, le « secret défense » est utilisé pour
barrer la route aux juges d’instruction lorsque leurs enquêtes pourraient
mettre à jour des histoires financières gênantes pour certains réseaux
politiques. C’est ce qui s’est passé dans l’affaire des frégates de Taiwan,
d’après le juge Renaud Van Ruymbeke.
L'Atelier des médias, la web-émission participative de Philippe Couve sur RFI, Radio France Internationale, du 21 novembre 2009.
Il y a quelques mois, le scandale des notes de frais des députés britanniques révélé par le Daily Telegraph a donné une visibilité particulière à ce que les spécialistes appellent le "journalisme de données". Le débat avec les invités et les internautes montre que l'accès aux données publiques reste un combat en France.
Cliquez sur le logo RFI pour participer aux débats de l'Atelier des médias, une web-émission participative pour la communauté des nouveaux médias.
Invités:
Luc Hermann, journaliste (agence de presse Premières Lignes télévision) et co-initiateur de la campagne Libertés d'informer pour réclamer une modification de la loi en faveur d'un accès plus libre à l'information en faveur des journalistes, des parlementaires et des citoyens trop souvent confrontés au devoir de réserve des fonctionnaires, au secret d'Etat, au secret défense et au secret judiciaire.
Liberté d’Informer dénonce le projet de loi amendé et adopté par le Sénat visant à considérablement limiter l’accès aux archives.
Toujours plus de secret
Encore une fois, un effet d’annonce suivi du contraire absolu de ce qui avait été promis : un Etat plus moderne plus transparent, plus accessible au citoyen. Voilà ce que semblait afficher Nicolas Sarkozy (...) lire la suite
Access Info Europe est une ONG internationale qui promeut le droit à l’information en Europe et défend les meilleurs standards possibles pour la future Convention européenne sur le droit à l'information qui est en cours de rédaction au Conseil de l'Europe.
Débat animé par Paul Moreira et Augustin Scalbert avec : - Corinne Lepage présidente de CAP 21, avocate, ancienne ministre de l’Environnement - Ted Stanger journaliste américain, ancien chef du bureau de Newsweek à Paris - Marc-Olivier Baruch historien, dir. d’études à l’EHESS (histoire politique de l’administration) - Christian Le Roux directeur de cabinet du Médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye - Jean-Pierre Mignard avocat, chargé de mission auprès du Premier secrétaire du PS
Sciences Po jeudi 18 mai 2006 amphithéâtre Jean-Moulin Remerciements : Sciences Po Paris _________________________________________________________________
Assemblée nationale, le 21 mars 2006
Le député Jean Gaubert (PS Côtes-d'Armor) interpelle le Premier ministre Dominique de Villepin sur la Campagne Liberté d'Informer.
Réponse de Dominique de Villepin, alors Premier ministre : "Il n'est (...) pas envisagé de modifier la législation en vigueur en matière d'accès aux documents administratifs (...)". Les détails cliquez ici ____________________________________________________________________
Depuis le 3 février 2006 la Campagne Liberté d'Informer soutien l'écrivain Denis Robert et accueille la pétition de soutien.
La campagne Liberté d'Informer lancée en 2004 se poursuit.
Présentation, des exemples concrets, des vidéos, la proposition de loi, débat à Sciences Po, colloque à l'Assemblée nationale... cliquez ici
Aux Etats-Unis, au Royaume Uni, dans les pays scandinaves, la transparence fait loi, et le secret exception.
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Des révélations sur un camp de torture britannique de l'après-guerre, à l'identité de centaines de détenus de Guantanamo, ou encore les photos des cercueils des soldats américains morts en Irak...